Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

mardi 29 septembre 2015

#175

Cette semaine, petite édition, mais pleine de mignonnerie, c'est bon pour le moral !

Tout d'abord les plus mignonnes photos de lapins de tous les temps, à voir ici.

Et finissons par de jolis petits furets (ou loutres, en fait, j'en sais rien...) venus de Chine.




That's all folks!
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lundi 28 septembre 2015

Hamlet ou l'exil #3

Précédemment... 
Je retourne dans le même café, à la même heure. Je n’ai pas dormi, à la fois fascinée par le personnage rencontré hier et honteuse d’avoir abandonné quelqu’un en détresse. J’espère l’y retrouver. Je voudrai, si possible, l’entendre encore un peu. L’aider peut-être. En fait je ne sais pas ce qui me pousse à revenir.
La suite... 

vendredi 25 septembre 2015

Adrian Frutiger

Adrian Frutiger est mort. 
Le 10 septembre dernier. C’était, et il le restera, un grand typographe. Résumer son œuvre en un seul article de blog est d’une grande difficulté. Il a créé pas moins de trente et une polices de caractères, la plupart d’une célébrité sans mesure.
Adrian Frutiger était également un des plus grands théoriciens de la typographie et du signe. L’Homme et ses signes est une référence mondiale concernant la naissance de l’écriture, de la symbolique des lettres et des pictogrammes.
Ceux qui connaissent un peu le monde de la typographie se demandent ce que je compte faire dans un article si court au sujet d’Adrian Frutiger. Ils ont raison. Je souhaite faire de la médiation, expliquer au plus grand nombre qui était ce grand homme, que pratiquement tous ignorent, soyons honnêtes. Alors oui, je ne vais pas faire de grandes analyses ou de grandes révélations. Je vais simplement exposer quelques-unes des créations et révolutions d’Adrian Frutiger.

Durant l’ensemble de sa carrière, il témoigna d’un grand attachement à la rigueur typographique ancestrale, et ses créations sont souvent des réminiscences de plombs des siècles passés, de formes calligraphiques encore antérieures, ou même de lettres issues de l’antiquité.

visuel fonts.com

De ses inspirations antiques, on peut retenir le President, une des toutes premières fontes dessinées pour la grande fonderie française Deberny Peignot, vers 1953. Son dessin est inspiré des inscriptions latines et dégage une extrême solidité. Les empattements très triangulaires et assez effilés, ainsi que le peu de contraste entre verticales et horizontales témoignes de l’héritage antique. Un autre héritage antique, plus décoratif en terme typographique est l’Herculanum, calqué sur les gravures grecques et latines.

Herculanum

Parmi ces inspirations calligraphiques, on peut citer l’Ondine, dessinée en 1954. Cette fonte prend sa source dans les formes carolines, mais avec une liberté de mouvement qui la fait parfois se rapprocher de formes plus orientales. Bien entendu, sa forme hautement décorative ne lui permet pas d’être utilisée pour de longs textes, mais sa grande lisibilité rend possible son utilisation en caractère de 12pt et supérieur.


Les polices inspirées d’autres fontes produites entre les XVIe et XIXe siècles sont encore plus nombreuses. On peut citer le Meridien, qui était une des fontes préférées de Frutiger (selon la fonderie Linotype). Cette police pensée pour les livres reprend le vocabulaire formel des réales* : grand contraste entre verticales et horizontales, empattement discret, mais suffisamment présent pour guider l’œil, les « e » et « o » sont droit. De même la IBreughel, comme son nom l’indique, évoque l’esthétique de la renaissance flamande. Ou encore le Linotype Didot qui n’est autre qu’un dessin du Didot, caractère français du XVIIIe siècle, recrée pour la fonderie en 1991.

Meridien

IBreughel

Le Versailles, enfin, est une magnifique adaptation de l’esprit de ce bâtiment, de cette époque. Ses empattements fins et incisifs n’auraient pas pu être réalisés à l’époque, mais l’élégance, la symétrie et la régularité de son rythme en font une interprétation parfaite de ce que peut représenter la France et la culture française à l’étranger.

visuel fonts.com

L’Égyptienne, qui tire son nom de l’équivalent anglais des mécanes**, est un bel exemple de ce genre de typographie : solide, lisible, quoiqu’un peu lourde. La Serifa est bien plus élégante (enfin, c’est mon avis). Son dessin est fondé sur celui de l’Univers, auquel Adrian Frutiger a ajouté des empattements rectangulaires.

visuel fonts.com

Mais les grandes réalisations d’Adrian Frutiger, celles pour lesquelles la plupart d’entre vous le connaissent sans le reconnaitre, sont des linéales***. Adrian Frutiger a poussé à l’extrême les recherches optique et géométrique pour créer ces fontes de signalisation qui sont si lisibles, disposent de tant de variantes, sont si équilibrées et agréables qu’on pourrait les utiliser en mille occasions sans épuiser leur potentiel. L’Avenir, le Frutiger, le Roissy et l’Univers. Oui oui, Roissy comme l’aéroport. Il s’agit effectivement de la police de l’intégralité des panneaux de ce lieu.
Je ne ferai pas ici d’étude poussée des influences et différences des unes sur les autres. Je vous laisserai découvrir toute leur richesse de design et de réflexions dans les ouvrages d’Adrian Frutiger (voir bibliographie ci-dessous).



Roissy, panneaux


Frutiger est également le père de l’OCR-B. Et ce n’est pas rien, non plus (au cas où vous n’auriez pas compris que sans Adrian Frutiger notre monde serait bien différent). L’OCR (Optical character recognition) est cet ensemble de typographies lisibles par les ordinateurs, utilisé pour les codes barres, principalement. L’OCR-A (dessinée par une firme américaine) est très abrupte pour l’œil humain, tandis que Frutiger a dessiné l’OCR-B afin qu’elle soit également lisible par l’homme.





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* Les réales sont une sous catégorie des « caractères classiques » selon la classification Vox-Atypi en vigueur. Il s’agit des fontes dont le design s’inspire de l’époque des Lumières, où les lettres imprimées font de moins en moins référence à la tradition calligraphique. Le point le plus marquant est l’orientation des « e » et des « o » qui sont avant cette époque légèrement oblique, comme écrite à la main.
** Les mécanes sont une sous catégorie des « caractères modernes » selon la classification Vox-Atypi en vigueur. Ces fontes sont le résultat de l’essor de l’industrialisation et de la mécanisation des formes qui en découle. Leurs empattements sont carrés et les contrastes entre horizontales et verticales sont faibles.
*** Les linéales sont une catégorie de polices de la classification Vox-Atypi en vigueur. Elles englobent toutes les typographies sans empattements.

Bibliographie

  • Adrian Frutiger, Caractères, Birkhäuser, Bâle (Suisse), 2009, 459 p.
  • FRUTIGER Adrian, À bâtons rompus, Atelier Perrousseaux, Gap (France), 2001, 93 p.
  • FRUTIGER Adrian, L’homme et ses signes, Atelier Perrousseaux, Gap (France), plusieurs éditions.
  • FRUTIGER Adrian, Une vie consacrée à l’écriture typographique, Atelier Perrousseaux, Gap (France), 2004, 127 p.




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mardi 22 septembre 2015

#174

Cette semaine nous voyageons à travers l'Europe : du pôle nord à l'Ukraine, en passant par la Méditerranée.

Au rayon photographie

Photographic North de Felix Finger.

Au rayon typographie / calligraphie

Turquoise Typeface de Giuseppe Salerno, une fonte dessinée au pinceau.

Ukrainian song de Kirill Tkachov.



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mercredi 16 septembre 2015

Hamlet ou l'exil, #2

On n’entend pas tous les jours des phrases qui semblent sortir de Shakespeare. Il n’a pas bougé d’un millimètre : assis sur son tabouret, les coudes sur le comptoir, les avant-bras à plat et les doigts croisés, la tête légèrement penchée en avant. Je ne suis pas sûre qu’il me parle. Je me prends pourtant au jeu.

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mardi 15 septembre 2015

#173

Commençons aujourd’hui, mes amis, par un peu de littérature.

J’ai terminé la semaine dernière un roman fascinant, hypnotique, qui se lit d’une traite : Le Principe de Jérôme Ferrari (Actes Sud, 2015).
Je ne trouve pas les mots pour vous convaincre d’ouvrir ce livre. Je pourrais commencer par dire qu’il ne s’adresse pas qu’au fanas de sciences, bien que j’imagine que ces derniers ont accès à un niveau de lecture légèrement différent. Il ne s’adresse pas uniquement, non plus, aux philosophes, aux érudits de toutes sortes qui sauraient parfaitement qui est Werner Heisenberg.
Pour ma part, il est vrai que je voyais vaguement de qui il s’agissait, mais je ne connaissais rien de sa vie. Cet ouvrage n’est d’ailleurs pas une biographie. Il décrit la relation qui peut unir un être vivant à un autre être, mort ou très distant, qui exerce sur lui une fascination, une admiration énigmatique par son œuvre. Le Principe décrit aussi, et de façon particulièrement perçante, le monde scientifique européen entre 1920 et 1945. Cet univers de génies qui ont révolutionné le monde pour le meilleur et surtout le pire, sans prendre la mesure de leurs actes, comme s’ils étaient incapables d’appréhender les réalités sociales et humaines qui les entourent.

« Vous, vous ne cherchez pas la mort, vous la fuyez au contraire autant que vous le pouvez, vous ne prenez pas de risques inutiles et jamais vous n’auriez eu l’imprudence de proclamer publiquement, comme le fera Ernstel Jünger, que si l’on pendait Hitler, vous feriez le voyage à pied jusqu’à Berlin pour tirer sur la corde. Vous avez peur, pour ceux que vous aimez, pour vous-même. Vous voulez vivre parce que vous savez qu’on ne lutte pas contre un monde qui consacre toutes ses forces à célébrer le culte obscène de la mort en lui offrant une mort supplémentaire, fût-elle parfaite, mais en lui opposant l’obstination imparfaite de la vie et vous vivez encore, vous vivez obstinément, alors que l’avion d’Hans Euler plonge en flammes vers la mer d’Azov et qu’en Italie, à Carrare, un jeune garçon qui ne saura pas comment finit La Chartreuse de Parme est étendu immobile, ses yeux grand ouverts tournés vers le ciel, sur les falaises de marbre que son père inconsolable a dressées pour lui comme un berceau. »

Bon, après ces lignes, passons à quelques créations graphiques qui ont retenu mon attention cette semaine.
• Les lettrages cyrilliques d’Andrey Martinov. Je n’arrive pas à les lire, mais je les trouve fantastiques.

Les superbes illustrations de Carlos Arrojo. Je voulais me remettre à l’aquarelle, mais finalement je vais rester au clavier... ça vaut mieux...

Les calligraphies murales de Oleksii Chekal. Église orthodoxe de St Panteleimon (où ça, je ne sais pas...) les fresques ont été réalisées en dix jours.



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vendredi 11 septembre 2015

Times new roman

Le Times New Roman, ce caractère omniprésent et omnipotent. Celui de l’ordre, de l’injonction administrative et procédurière. « Ce document devra être rédigé en Times New Roman corps 12 interlignes simples. »
Avez-vous déjà entendu parler autrement de cette fonte ? Avez-vous déjà ressenti au fond de vous un désir puissant et spontané d’utiliser le Times New Roman ? Vous êtes-vous levez un matin en vous disant « tiens je vais composer un texte en Times New Roman juste pour regarder l’équilibre de la page »* ? Non, probablement pas.
Personnellement, si je peux me permettre une incursion subjective, le Times New Roman me sort des yeux, si vous me passez l’expression. On en voit tellement qu’on ne le voit plus. Et surtout, on le préfère, par flemme et conformisme, à tout un tas de caractères qui seraient parfois mieux adaptés, ou tout autant, mais en faisant montre d’une certaine personnalité.
Car voilà ce qu’est devenu le Times New Roman, une police sans personnalité. C’est une chemise blanche, de celle qu’on sort pour les entretiens d’embauche, mais sans y mettre tout son cœur. Mais attention, rendons à la Couronne britannique ce qui est à la Couronne britannique, c’est une chemise blanche cousue main par le meilleur tailleur londonien.

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Nom : Times New Roman

Date de naissance : 1931

Lieu de naissance : Londres, Royaume-Uni

Créateur : Victor Lardent sous la direction de Stanley Morison**.

Fonderie : Monotype



Comme son nom l’indique, le Times New Roman a été réalisé pour... Le Times ! (Bravo à toi au premier rang qui a répondu spontanément et correctement.) Cette fonte est donc, effectivement, une valeur plus que sûre de lisibilité.
Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Les journaux étaient alors imprimés en très grand nombre, très rapidement et sur du papier qui n’était pas toujours de grande qualité. Ces contraintes techniques impliquaient certains défauts d’impression : l’encre avait tendance à baver et boucher les lettres, rendant les textes moins lisibles.
Pour remédier à cela, Stanley Morison propose tout d’abord d’avoir recours au Plantin. (Nous parlerons plus tard de cette fonte que j’aime bien, et du très beau musée belge qui est consacré à son inventeur et son imprimerie). Le Plantin, créé au XVIIe siècle, avait été regravé chez Monotype vers 1913 et faisait office d’étalon or de la lisibilité.


Partant de ce design, mais souhaitant le rendre plus jeune et dynamique, Stanley Morison fait appel à Victor Lardent, du département publicitaire du Times, pour dessiner le Times New Roman. Je rappelle, pour ce qui n’aurait jamais vu ni Ma sorcière bien aimée, ni Madmen, qu’à l’époque les publicités étaient dessinées et peintes à la main, lettrages compris (la plupart du temps).
Victor Lardent compose alors des lettres qui paraissent moins archaïques. Pour cela, il réduit les empattements, les effiles, pour donner un mouvement aux lettres et accentuer la facilité de lecture. Ainsi, l’œil est naturellement guidé le long des lignes et d’une lettre à l’autre. Contrairement à Plantin, qui vivait encore dans une époque de manuscrit à la plume et était fortement contraint par la technique, Lardent peut se permettre de créer des formes beaucoup plus fines, plus contrastées dans leurs courbes. Observez par exemple le « m » des deux fontes.


À gauche, le Plantin et à droite le Times New Roman. Les empâtements (en bas de lettre) du Plantin sont plus épais, plus lourds, ils ferment la lettre complètement, tandis que ceux du Times New Roman tendent plutôt à créer une ligne subliminale qui soutient le regard du lecteur. De même, les attaches des « ponts » sont plus fines et plus élancées dans le Times New Roman, ce qui allège l’encrage des pages. On peut également constater que le Times New Roman est plus étroit que le Plantin. Les nécessités économiques de la presse poussent en effet à caser plus de lettres par ligne donc par page.

De nombreuses variantes de la Times New Roman ont été créées par la suite. Le Times a notamment commandé le Times Europa en 1972, pour disposer d’un caractère plus large pour les titres à mettre en valeur.



*Oui, il y a des gens à qui ça arrive, moi par exemple. Ce matin je me suis dit « tiens ça fait longtemps que je n’ai pas vu écris un mot en Antique Olive. »
** Nous devrions dire « Sir Stanley Morison », car la Reine a souhaité le faire chevalier, mais il a refusé. Pour découvrir la vie fascinante de ce grand nom du design typographique britannique, rendez-vous ici (en anglais).

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Je vous invite à :
consulter l’article Wikipédia (en anglais)
visionner ce film documentaire réalisé par le Times en 2014

Rendez-vous prochainement pour une nouvelle typo !


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mardi 8 septembre 2015

#172

Cette semaine, commençons par un petit détour du côté de Saint-Pétersbourg, grâce au tumblr du SFMOMA.
© Shevaun Williams

Poursuivons par un lettrage humoristique de Nim Ben-Reuven.
certificat de manque de reconnaissance

Ébahissons-nous devant ce mur calligraphique de Seb Lester, à Londres.


Et enfin, un jeu pour découvrir ce qu’est le design.



That's all folks!
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lundi 7 septembre 2015

Hamlet ou l'exil, #1

Chapitre 0. Marcher seul.

8 décembre 2012

Je déteste cette partie de mon métier : traduire des kilomètres de textes juridiques et de descriptions techniques. En tous cas, cette affaire ne me concerne plus ! J’ai traduit tout ce qu’il y avait à traduire pour les autorités françaises. Maintenant j’ai froid, j’ai besoin de réveiller ma vie intérieure lourdement endormie par ces heures d’aller-retour entre code pénal et dictionnaires.

Mon téléphone n’a plus de batterie, c’est foutu pour la musique…

J’avance en ruminant mon léger agacement et ma lassitude mentale. Heureusement qu’il y a Notre-Dame, heureusement qu’il y a Paris ! Je n’aime pas rentrer chez moi après ce genre de journée. J’ai l’impression d’être encore plus seule que je ne le suis en réalité… Je décide de prendre un café dans cette brasserie à touriste, un peu désœuvrée en cette saison.

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vendredi 4 septembre 2015

Eurostile

Voilà un moment que je souhaitai consacrer des articles à l’histoire de certaines typographies, un domaine qui me passionne et auquel je vais même consacrer une thèse (je vous en reparle prochainement). 
Pourquoi commencer par l’Eurostile ? Sans raison particulière, ou plutôt par hasard, j’ai reçu l’autre jour un dossier de 49 pages rédigé intégralement en Eurostile light corps 11, ce qui n’est absolument pas l’usage prévu pour ce caractère. Ledit document m’a donc demandé un effort considérable de déchiffrage plus que de lecture. 
Ceci a constitué un électrochoc, quelqu’un devait faire quelque chose pour l’éducation à la typographie, et ce quelqu’un serait moi ! (Oui, j’ai de brefs instants où je m’imagine en justicier/superhéros du dessin de lettre, mais je vais bien ne vous inquiétez pas.)
Je commence donc cette semaine par le cas Eurostile. La semaine prochaine sera vraisemblablement consacrée au Times New Roman. (Cliffhanger de folie, je sais, ça va être dur d’attendre pour vous...)


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Nom : Eurostile

Date de naissance : 1962

Lieu de naissance : Turin, Italie

Créateur : Aldo Novarese

Fonderie : Nebiolo (aujourd'hui numérisée chez Linotype)


visuel de présentation du site Myfonts.com


Cette fonte est, selon la classification Vox-Atypi une linéale géométrique. C’est-à-dire qu’elle n’a pas d’empattement et qu’elle est construite à partir de formes géométriques, précisément dans ce cas un rectangle arrondi.
Son dessin est également inspiré d’une fonte précédente de Nebiolo, la Microgramma (1952, Allessandro Butti et Aldo Novarese), qui ne disposait pas de bas-de-casse (minuscules). Le rectangle arrondi est directement inspiré des téléviseurs de l’époque et de certaines formes architecturales, du Corbusier, par exemple. Aldo Novarese souhaitait rendre compte de l’esprit de son temps. Son design inscrit, donc, toutes les lettres dans ce rectangle arrondi. Ce qui rend la fonte très adaptée à la titraille, la publicité et les enseignes, elle est également très tôt adoptée par la télévision. Partout où la taille des lettres est grande. 
Le revers de la médaille est, donc, son manque de lisibilité (énorme) en petit, car l’œil du lecteur ne perçoit plus, alors, qu’une série de petits rectangles. Mais c’est normal, elle n’a pas été conçue pour cela ! L’Eurostile rêve d’énormes panneaux publicitaires où elle pourrait étaler ses courbes légères et solides, ses formes tout en équilibre et en stabilité, où elle pourrait sans heurts se mêler à l’architecture, tant elle répond des mêmes règles que celle-ci, où elle pourrait ménager une rythmique particulière grâce à son large ensemble de graisses et de variantes.
Sa présence à la télévision dans les années 1960 et 1970 et son design futuriste l’ancre dans un imaginaire de science-fiction. On la retrouve notamment dans Star Trek, dans le générique du Doctor Who (1966-1969), dans 2001 : l’Odyssée de l’espace, etc. Elle devient aussi une fonte synonyme de données transmises par ordinateur, les données solides et concrètes. C’est ainsi que les positions GPS, les données temporelles ou géographiques en général dans les œuvres filmées de fiction, sont en Eurostile.

ici dans Captain America: The Winter Soldier (source image : Typeset in the Future)

Liens et sources :





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jeudi 3 septembre 2015

Ouzbékistan

Ouzbékistan (République d')
capitale : Tachkent
langues officielles : ouzbeck et russe

Eldar Zakirov, illutrateur.

Yulia Drobova, illustratrice.

Kiro Altman, designer de packaging.

Toha Andreev, illustrateur.

Unesco
Itchan Kala
© Stephen Lioy - Unesco

Centre historique de Boukhara
Arian Zwegers

Samarkand – carrefour de cultures
Arian Zwegers

Centre historique de Shakhrisyabz
© Our place - Unesco



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mardi 1 septembre 2015

#171

Salut l'internet !

Aujourd'hui, grâce à Emmanuel Chaussade, je vous parle de Chris Otten. Ce photographe américain (de l'Oklahoma très précisément) s'attache à représenter une certaine étrangeté du quotidien dans des images, très construites et assez mélancoliques, d'espaces très divers.
extrait de la série Encounters

Via I can read cette jolie citation d'Eleanor Roosevelt : "Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves."

Et comme d'habitude, un océan de lettrages !
Good Old Times de Cosmas Adrian Hartanto Koesnoto.

Tramado caligráfico de María Elvira Maggi.

Le Rouge et le noir par Terezija Đonlić, qui me donnerait presque envie d'essayer de le re-lire... En tous cas, les explications des choix (typo)graphiques sont un plaisir de savoir faire.



That's all folks!
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