Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

vendredi 2 mai 2014

Musa Ćazim Ćatić

Bonjour à tous !

En ce moment, dans ma trépidante vie d'étudiante en médiation interculturelle de l'Europe centrale, orientale et balkanique, j'assure la promotion d'un poète bosniaque méconnu inconnu en France : Musa Ćazim Ćatić.
Il appartient à ce que l'on appelle la renaissance bosniaque, la génération d'auteur à l'origine de la définition identitaire des musulmans de Bosnie (appelés « bosniaques », par opposition à "bosniens" qui désigne l'ensemble des citoyens de Bosnie-Herzégovine). Cet écrivain est empreint de mystique soufi et chante Dieu, les femmes, la Bosnie, ses questionnements philosophiques, sous forme de sonnets ou de poèmes plus longs.
Depuis deux semaines j'ai rédigé l'article wikipédia qui lui est consacré — allez le voir il est réellement fantastique ;-) — et un dossier pour démarcher les éditions de la Différence, dans l'espoir d'une édition bilingue d'une anthologie. 
J'ai également contacté diverses structures susceptibles d'être intéressées par M. Ć. Ćatić. Parmi elles, les Cahiers de l'Islam, qui m'ont demandé de rédiger un article de présentation à publier sur leur site (Hourra !) vous pouvez le lire ici, et n'hésitez pas à découvrir les articles liés : L'islam en Bosnie, l'écrivain musulman en littérature yougoslave
Et tout cela, grâce à l'aimable participation de Philippe Gelez, — maître de conférences en langue, littérature et civilisation BCMS (Bosniaque, Croate, Monténégrin, Serbe) à la Sorbonne-Paris IV — qui a traduit cinq de ses sonnets. En voici un :


PRÈS DE LA NERETVA

Du karst sombre comme la douleur du poète
Et pensif comme mon front —
Voilà que je regarde dans la vallée profonde.
Je regarde la fureur de ton flot impétueux.

Et j’écoute ton murmure monotone et long
Qui semble le chant de siècles lointains —
Ah, j’écoute ton murmure et en lui la dérision
De toute la vacuité des rêves humains fous.

Dis-moi, Neretva : Où est Rome aujourd’hui ?
Où sont le charme et la gloire de la couronne de l’herceg*,
Qui sur toi brillaient comme l’astre sélénite ?

Tout, tout a disparu comme un rêve, comme une fumée,
Il ne m’est resté que ce souvenir :

Mon flot l’a chantée au long des siècles.




*herceg : littéralement, duc. Au Moyen-Âge, l'Herzégovine (nom venant de herceg), était un duché croate.



That's all folks!
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je publie aussi pour la mémoire de Radio Londres, de la Résistance et de la Seconde Guerre mondiale : http://resistance-retinienne.blogspot.fr 
je réalise une exposition de calligraphie d'Europe centrale et orientale : http://cimer-calligraphie.blogspot.fr

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