Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

mardi 30 avril 2013

les liens du Mardi

via design you trust
Barbie doll vs human woman. Pourquoi une femme ne pourra jamais ressembler à une Barbie ? Parce qu'elle a des os et des organes !

via Aima007
Mindaugas Gabrenas, photographe, noir et blanc, élégant et mystérieux.

Kitty Sabatier, artiste.

Vicky Reed, un photographe qui travaille à l'ancienne, vraiment, avec tirage coloré à la main, développé sur papier de riz ou cire.

Paula Braconnot, collages.

via this isn't happiness
un peu d'humour !

via the fox is black
Mike McQuade, illustrateur.

via behance
Steve Simpson et ses illustrations typographique.

that's all folks!

vendredi 26 avril 2013

Emmanuel Djob !

Emmanuel est toujours en course dans The Voice, demain soir il faudra voter pour lui !


Bref rappel des épisodes précédents :
• Sélectionné par tous les coachs, il a choisi Garou après avoir interprété Georgia On My Mind de Ray Charles. (vidéo ici)
• Il a ensuite passé l'épreuve des "battles" en duo/duel avec Ralf Hartmann, en reprenant Whiter Shade of Pale de Procol Harum. (vidéo ici)
• Enfin, il a passé avec succès le premier live en interprétant L'encre de tes yeux de Francis Cabrel. (vidéo ici)

Découvrez aussi des bonus :
• Un autre duo avec Ralf Hartmann
• Lord's Massenger, un gospel de et par Emmanuel

jeudi 25 avril 2013

Enfance

Je ne me souviens pas de mon enfance, je n’ai que des images. Tout ce temps, je l’ai passé en photographe, en narrateur. Mais ces images sont suffisantes, car tout répond à un schéma habituel.


Mes souvenirs commencent à 11h, un dimanche d’été ou de Pâques, ou un 15 août. Mais laissez-moi vous raconter le décor avant l’arrivée du souvenir. Tout est jaune. Les meubles sont bruns jaunes. Les plats de pâtes sont jaunes. Les plantes et les arbres sont jaunes ou verts jaunes. Sauf les géraniums qui sont roses, comme Maman. Maman est rose. Tout le reste est blanc, c’est le soleil qui rend tout absolument incandescent. Comme fond sonore, il faut imaginer les cigales et le vent qui fait un bruit assourdissant, et enfin tous les bruits d’une cuisine qui vit, crie, rit.


Voilà, la famille, ma famille, va arriver, le souvenir va commencer. D’abord l’apéritif, on parle de taureaux, de l’OM, de la pêche, de nouvelles en tous genres. Puis c’est la grande tablée joyeuse. Attention, joyeuse à la méditerranéenne, de cette manière passionnée, impulsive et parfois violente. Il y a mes cousins et je joue avec eux à côté de la table. L’après-midi, les grands jouent aux cartes ou bricolent. Ça sent la soudure avec ses milliers d’étincelles. Ils parlent, de toute éternité, ils parlent et ils parleront toujours, ils rient, ils se souviennent. 


Tôt déjà, j’ai su que tout cela finirait. S’ils se souvenaient d’autant de morts, de gens perdus de vue, pourquoi en irai-t-il autrement ?



Il y eut des enterrements. Il reste encore certains souvenirs. Des mythes joyeux qu’on se raconte à chaque retrouvailles et qui tous, se passent par un après midi ensoleillé où le temps est à jamais suspendu ; et des gens qui ne vivent plus que là, dans nos mémoires. Voilà donc la limite, si fine, entre bonheur et tristesse ; le même amour, la même tendresse mais qu’on ne peut plus dire.



mercredi 24 avril 2013

A


Leurs occupations à capela :
des commencements sombres et des cubes cristallins, 
des débandades et des décimations.
Depuis l’accord SALT jusqu’à l’Iran. Aberrations 
et martyres. De la mer noire à l’Ulster,
tous ces peacemakers, pleins de charité et de foi, 
qu’ils vivent longtemps, même après leur mort.
Et Soljenitsyne dans tout ça ? 
Florence ou l’overdose de beauté. 
Sierra Leone ou le manque de tout.
Le Ficus, l’Iris d’or et de vin, de celui qui a donné 
son sang en vin. L’ammonite, autoportrait des strates 
et des classes superposées sur une chaise : contenant absolu et authentique. 
Et le passé égyptien, ne leur mentez pas, ils savent 
ce qu’est une civilisation. 
Mais rien ne peut nous faire revenir en 1789,

et peut être ne nous en reste-t-il rien...

mardi 23 avril 2013

les liens du Mardi

via design you trust
#BostonLove T-Shirt, au bénéfice des victimes de l'attentat de Boston.

via this isn't happiness
it's a blurry fuzzy world! une très belle collection flickr.

L'église de la Compagnie, à Quito
et par la même occasion le tumblr des photos du National Geographic.

via Aima007
Felix Mas

Saki Iyori et sa tout mignonne vidéo.


via la Réclame
Une campagne brésilienne contre l'anoréxie. (vous n'êtes pas un croquis, dites non à l'anoréxie)

via behance
Abstract de Peter Zéglis, une magnifique série de photographies de bords de mer.


Et surtout allez voir "No" de Pablo Larraín, le film qui rend fier de faire de la com' doublé d'une esthétique géniale et d'un message fort : la joie est imbattable.


that's all folks!

lundi 22 avril 2013

Azerbaïdjan

Azerbaïdjan (République d')
capitale : Bakou
langue officielle : Azeri

Un sculpteur
Rashad Alakbarov
des œuvres très poétiques, il joue avec la lumière, la couleur et les matières.

Un artiste
Farid Rasulov, installations et étrangeté.

Un artiste
Faig Ahmed, il explore l'identité azérie à travers les tapis traditionnels et leurs motifs.

Les sites de l'UNESCO
Paysage culturel d’art rupestre de Gobustan

Cité fortifiée de Bakou avec le palais des Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge

that's all folks!

vendredi 19 avril 2013

Everyone says 'Hi' — David Bowie



On dit que tu fais un grand voyage
On dit que tu es parti
Que ça s'est fait tout doucement
On le dit...

Devrais-je prendre une photo
Quelque chose que je pourrais garder
Acheter un petit cadre
Quelque chose de pas cher
pour toi

Tout le monde dit salut

On dit que tu navigues sur un grand navire
On dit que tu as navigué loin
Je ne savais pas quoi dire
de bien

J'aimerais avoir une lettre
J'aimerais savoir de quoi il s'agit
J'espère qu'il fait beau
Et pas trop chaud
pour toi

Tout le monde dit salut
Tout le monde dit salut

Tout le monde dit
Ne reste pas dans un endroit triste
Où ils ne se soucient pas de comment tu vas
Tout le monde dit salut

Si tu as des problèmes d'argent
Tu peux toujours revenir à la maison
On peut refaire les mêmes choses qu'avant
On peut faire toutes les bêtises
Si la nourriture vient à te manquer
Tu peux toujours téléphoner
On peut faire toutes les bonnes choses
On pourrait le faire, On pourrait le faire,
On pourrait le faire
Ne reste pas dans un endroit triste
Où ils ne se soucient pas de comment tu vas

Tout le monde dit salut
Tout le monde dit salut
Tout le monde dit salut
Et la fille d'à côté
Et le type d'au-dessus
Tout le monde dit salut
Et ta mère et ton père
Tout le monde dit salut
Et ton gros chien
Tout le monde dit salut
Tout le monde dit salut

jeudi 18 avril 2013

Prêche n°2

Sainte Gabian Spirit, évangéliste de la communication numérique, vous adresse son second prêche.

d'après Sainte Madeleine pénitente de Georges de La Tour

La communication est un rapport de force et de domination. Voici l'idée qui domine, c'est le cas de le dire, la pensée du langage depuis un siècle au moins. Pierre Bourdieu l'exprime tout au long des 423 pages de Langage et pouvoir symboliquePaul Ricoeur déclarait quant à lui que « ce qui caractérise la communication c'est d'être unilatérale », et Claude Levi-Strauss « La fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement. »
Oui, mais nous voilà aujourd'hui au XXIème siècle. Le numérique, l'instantanéité et l'interaction globalisée sont à nos portes voire dans nos poches.
Avec eux, une série de questions se posent remettant en cause les habitudes de communication des institutions.

Qui, aujourd'hui, peut imaginer lancer une campagne de communication sans se soucier de l'impact sur les réseaux sociaux ? Qui, aujourd'hui, peut se croire à l'abri des "feedbacks" de facebook, twitter, blogs, etc. ? Qui, aujourd'hui, peut encore croire que la transparence et la prise en compte de l'opinion publique directe ne passeront pas par lui ? (pas même le Vatican, ni les dictateurs, l'actualité ne manque pas d'exemples…) 
La réponse à ces question est "personne", là réside le grand changement.

Dans ce cadre de feedback permanent et omniprésent, le communicant, qui jusqu'alors cherchait à anticiper des envies, créer des désirs, n'est plus dans une position messianique et n'a plus le monopole de la parole. C'en est fini du média de masse unilatéral. 
Le communicant (l'émetteur) se retrouve finalement, dans la position des "select-men" décrit par Tocqueville. L'émetteur parle pour la population, vers la population, mais il est largement soumis à son contrôle, sa bonne volonté, son goût. On peut également déceler cette tendance dans l'essor du lobbying "grass-roots", des chaînes de courriels, des re-tweets. La population cybernétique prend désormais conscience de son poids, de sa capacité de pression.
Cette nouvelle donne crée un nouveau problème ; en effet si le monde entier dispose d'une toute nouvelle possibilité d'expression, les techniques nécessaires pour être entendu, légitime et digne de confiance ne sont pas connues de tous ; et cela même sans aborder l'importante question des responsabilités éthiques, légales ou morales de l'émetteur.

Il me semble urgent de prendre en compte l'éducation à ce nouveau pouvoir. En effet, Nous manquons déjà cruellement d'une éducation citoyenne et civique, qui rendrait le citoyen capable de se politiser, afin d'éviter le désintérêt vis-à-vis du fait politique et la manipulation des opinions publique par vague de populisme. 
À cela s'ajoute désormais le besoin d'une véritable éducation aux réseaux sociaux et à internet. Une éducation qui s'attacherait à décrire les responsabilités qu'impliquent une présence sur les réseaux sociaux, de la nécessité d'être responsable et conscient des opinions et idées exprimées ou répétées.
Pour l'un ou l'autre de ces deux points, il faut en réalité une éducation à l'engagement, pour paraphraser Stéphane Hessel. Il faut apprendre à penser les conséquences de la liberté de parole et d'opinion à une échelle globalisée.
Ne pas traiter cette problématique engendrerait le risque d'une élitisation de la communication numérique, où les seuls feedbacks seraient ceux d'une élite communicationnelle et mettrait, selon moi, en péril la démocratie numérique.

Des voix s'élèvent souvent pour déclarer une telle éducation impossible ou inutile si l'on considère l'inégalité d'accès aux technologies.
En effet, l'éducation est impossible si les enseignants (et je ne parle pas seulement des professeurs, mais aussi des médias "traditionnels" dont il ne faut pas oublier la mission didactique.) ne sont pas eux-mêmes correctement formés ou un minimum convaincus de leur fait.
En ce qui concerne les inégalités d'accès, il est vrai qu'elles existent, mais sont en perpétuel recul. De plus, chacun apprend l'anglais (par exemple) alors que finalement peu nombreux sont ceux qui s'en serviront réellement un jour ou qui ont les moyens de voyager dans un pays anglophone.

Pour rester dans le domaine anglophone ; les fervents opposants de la liberté et/ou l'éducation numérique, ceux qui se tiennent toujours prêts à la diaboliser et freinent des quatre fers devant la révolution digitale, par ignorance ou crainte de perte de leur monopole de communication, me renvoient à l'image d'Humpty Dumpty. 
Après avoir réfuté avec véhémence les déclarations d'Alice (des "feedbacks" avant l'heure) sur son apparence, sur le fait qu'il ressemble à un œuf, Humpty Dumpty a cette phrase merveilleuse : « When I use a word, it means just what I choose it to mean — neither more or less. » (Quand moi j'utilise un mot, il signifie ce que je choisis qu'il signifie — ni plus ni moins).
Je ne m'appesantirai pas sur la fin d'Humpty Dumpty, ni sur ce qu'implique un tel discours, ré-écrire les histoires ou les faits historiques ne mène jamais à d'heureux évènements.

Cependant, il est évidemment primordial de ne pas perdre de vue la partie "cyber-silencieuse" de la population, qui existera toujours. Je ne prêche absolument pas pour la digitalisation à marche forcée, qui mettrai au ban de la société les non-numériques. Par exemple, il me semble absurde, si ce n'est odieux, d'obliger pour chaque inscription au pôle-emploi une adresse e-mail. Les personnes qui, pour des raisons d'âges, de moyens, de niveau d'éducation, n'en disposerait pas, se voient contraintes d'en créer une, sans plus d'explications ni d'aide. Je vous laisse imaginer le désespoir que peut alors ressentir une personne déjà marginalisée, parfois presque illettrée, se retrouvant sommée de: « se mettre à la page, parce que maintenant c'est comme ça ».
Il semble donc primordial de ne pas perdre de vue le facteur humain et humaniste dans l'introduction du numérique dans nos communications et institutions.

Dans cet esprit, je laisse le mot de la fin à Jacques Séguéla : « Il faudra beaucoup plus d’ordina-coeurs que d’ordinateurs dans la communication de demain. »

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mercredi 17 avril 2013

Tomas Tranströmer

Je viens de commencer la lecture des œuvres complètes de Tomas Tranströmer.

Stockholm

"Lorsque la nuit tomba, j'étais comme figé
mais mon ombre cognait
sur la peau de tambour de la désespérance.
Alors que les coups s'estompaient,
je vis se dessiner l'image de l'image
d'un homme apparaissant
sur cette page vide
qu'on avait laissée ouverte"
Un Homme du Bénin

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"Je hisse le drapeau de Haydn — ce qui veut dire :
“Nous ne nous rendons pas. Mais nous voulons la paix.”"
Allegro

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Ciel à moitié achevé
L'accablement suspend son vol.
L'angoisse suspend sa course.
Le vautour cesse de fuir.

Fougueuse, la lumière afflue,
même les fantômes en prennent une gorgée.

Et nos tableaux ressortent au grand jour,
animaux rouges de nos ateliers de l'ère glaciaire.

Tout regard à l'entour.
Nous marchons par centaines sous le soleil.

Les hommes reste une porte entrebâillée
donnant sur une salle commune.

Le sol interminable sous nos pas.

L'eau reluit entre les arbres.

Le lac est une fenêtre ouverte sur la terre.

mardi 16 avril 2013

les liens du Mardi

via Aima007
4096 colours, un blog de très belles photos.

Alexandre Roslin, peintre suédois. (c'est amusant qu'il en parle, je suis en train de l'étudier en histoire culturelle scandinave)

via behance
Istanbul de Peter Zeglis

via Designspiration
ça m'a fait rire...
*J'allais être une affiche A0 avec des blocks de feuille d'or embossés, mais les temps sont dur.

that's all folks!

vendredi 12 avril 2013

Abd Al Malik - Gibraltar



Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui pleure un rêve qui prendra vie, une fois passé Gibraltar.
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui se d'mande si l'histoire le retiendra comme celui qui portait le nom de cette montagne. 
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui meurt sa vie bête de "gangsta rappeur" mais ... 
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune homme qui va naître, qui va être celui qu'les tours empêchaient d'être. 
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui boit, dans ce bar où les espoirs se bousculent, une simple canette de Fanta. 
Il cherche comme un chien sans collier le foyer qu'il n'a en fait jamais eu, et se dit que p't-être, bientôt, il ne cherchera plus. 
Et ça rit autour de lui, et ça pleure au fond de lui. 
Faut rien dire et tout est dit, et soudain ... soudain il s'fait derviche tourneur, 
Il danse sur le bar, il danse, il n'a plus peur, enfin il hurle comme un fakir, de la vie devient disciple. 
Sur le détroit de Gibraltar y'a un jeune noir qui prend vie, qui chante, dit enfin « je t'aime » à cette vie. 
Puis les autres le sentent, le suivent, ils veulent être or puisqu'ils sont cuivre. 
Comme ce soleil qui danse, ils veulent se gorger d'étoiles, et déchirer à leur tour cette peur qui les voile. 
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui n'est plus esclave, qui crie comme les braves, même la mort n'est plus entrave. 
Il appelle au courage celles et ceux qui n'ont plus confiance, il dit : "ramons tous à la même cadence !!!". 
Dans le bar, y'a un pianiste et le piano est sur les genoux, le jeune noir tape des mains, hurle comme un fou. 
Fallait qu'elle sorte cette haine sourde qui le tenait en laisse, qui le démontait pièce par pièce. 
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui enfin voit la lune le pointer du doigt et le soleil le prendre dans ses bras. 
Maintenant il pleure de joie, souffle et se rassoit. 
Désormais l'Amour seul, sur lui a des droits. 
Sur le détroit de Gibraltar, un jeune noir prend ses valises, sort du piano bar et change ses quelques devises, 
Encore gros d'émotion il regarde derrière lui et embarque sur le bateau. 
Il n'est pas réellement tard, le soleil est encore haut. 
Du détroit de Gibraltar, un jeune noir vogue, vogue vers le Maroc tout proche. 
Vogue vers ce Maroc qui fera de lui un homme ... 
Sur le détroit de Gibraltar … sur le détroit de Gibraltar … 
Vogue, vogue vers le merveilleux royaume du Maroc, 

Sur le détroit de Gibraltar, vogue, vogue vers le merveilleux royaume du Maroc … 

jeudi 11 avril 2013

Tzara 20-2-7


« j'avance lentement
j'ai vu les yeux perdus la guerre
les yeux suppliants détournés de la guerre
les yeux écarquillés la guerre
les yeux lâches les yeux bas ignobles
les yeux des petites filles des amoureuses
et ceux des mères
mais ne parlez plus des yeux des mères
leur éclat à tout jamais
a terni l'éclat des nôtres
ils ont guetté mur de silence »

Tristan Tzara
Le poids du monde, in De mémoire d'homme

mercredi 10 avril 2013

Abd Al Malik

Vous savez quoi ?
J'ai rencontré le père Noël hier soir !
Oui bon, pas le vrai...

Bref, c'était absolument fantastique.

J'aurais eu plein de choses à lui dire... si je ne m'étais pas liquéfiée intérieurement quand je me suis retrouvée en face de lui...
D'abord que je l'admire : j'admire ce qu'il fait, ce qu'il dit et la manière dont il le dit.
Je rêverais d'avoir une telle capacité de fluidité orale, de musicalité de la diction.
Lui dire que Céline est mon texte préféré, que dans un milieu d'études de communication et publicité où plus on est trash, violent et underground dans ce que l'on fait, mieux on est sensé se vendre, il m'a aidé à me sentir légitime dans mon refus de cette négation de l'esthétique et de l'espoir. Parce que oui, l'art et le sens sont des raisons de vivre, peuvent sauver des vies et changer le monde.
Que Camus est un de mes auteurs préférés, alors ce spectacle c'est pour moi comme... Un truc incongru, inespéré et absolument génial... Culinairement ce serait un bretzel au Nutella.
Les musiciens et le danseur étaient géniaux et avaient vraiment l'air de s'amuser, de vivre à fond le moment présent, c'était extrêmement émouvant.
J'aurais adoré m'asseoir et parler littérature : vous avez lu Ivo Andrić ? Et Jorge Semprun ? Et Emmanuel Lévinas ?
Je ne sais d'ailleurs pas si je l'aurais vouvoyer, si... par respect, mais ses textes me le rendent si proche et amical que j'aurais pu le tutoyer.
J'aurais adoré avoir son avis sur mes propres textes... En fait j'aurais aimé l'inviter à boire un café et discuter...
Peut être trouver un moyen de dialogue entre les Hommes basés sur l'inter compréhension et le respect, un moyen de faire définitivement passer la conscience au dessus de l'appartenance, pour la France, pour l'Europe, les Balkans, le monde...

Et tout ce que je suis arrivée à dire c'est : « c'était extraordinaire », en levant le pouce... Parfois je me désespère un peu...