Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

mercredi 30 novembre 2011

Électre 1


"Électre 1 : Tu étais si gentil quand tu étais petit"

Tu étais si gentil quand tu étais petit est une pièce de Jean Anouilh
tirée de l’Électre de Sophocle et d'Euripide.



mardi 29 novembre 2011

Transsiberien sur Calaméo, le retour !

les liens du Mardi

Le lundi 28 novembre sur Simple Desktops
Green Christmas par David Barradas






Le lundi 28 novembre sur behance
Jack Daniel's Tennessee Whiskey






Le mardi 29 novembre sur MacUpdate
LetterMpress est un environnement créatif qui vous permet de concevoir de belles compositions avec des plomb à l'ancienne, en bois, typographique manuelle virtuelle.






That's all folks !

samedi 26 novembre 2011

Flamme


Et si l’on était heureux,
avant que le monde ne prenne feu,
que la terre n’explose;
si on cueillait quelques roses.

Si on respirait le parfum des fleurs
pour délester nos coeurs,
si on se réveillait calmement
en oubliant les dimanches sanglants.

Si on oubliait la guerre,
si on oubliait qu’on marche sur du verre,
si les gyrophares étaient lampions,
et si chez nous tout tournait rond...

Si on rêvait un peu,
juste pour reposer nos yeux,
de toute cette violence guerrière,
de toute cette folie meurtrière.

Et si les hommes réalisaient
que le plus grand pouvoir est de penser,
la fin ne serait-elle pas moins tragique
s’ils avaient le courage d’être utopique?

Dans la fraction de seconde
où la lumière se change en ombre,
des étincelles resteraient,
nous criant de nous aimer.

Extrait d'Etc.

vendredi 25 novembre 2011

Écrire & Si j'oubliais




Écrire les choses que l’on ne peut crier,
comme la douleur, la guerre, les atrocités.
Mettre en mots rend supportable,
même si c’est en atténuant l’inavouable.

Mettre en phrases les horreurs
c’est déjà en avoir moins peur.
C’est être courageux que d’écrire,
quand le monde entier se déchire.

C’est avoir foi en l’avenir
que de laisser une trace pour se souvenir
de tous les moments d’une vie,
partagés ou non entre amis.

De ce souvenir du monde tel qu’il est,
de témoigner de ce qu’il était,
en communiquant en silence,
se rendre compte qu’écrire est une chance.

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Si j’oubliais quelque chose,
dans ce monde dément
de haine en prose
et d’egos effrayants.

Si j’oubliais quelque chose,
en décrivant le monde.
Si j’oubliais les overdoses,
et le tonnerre qui gronde.

Si j’oubliais quelque chose,
le mal qui règne sur la Terre,
l’Homme et ses névroses,
sa philosophie guerrière.

Si j’oubliais ces choses,
si je prenais la vie comme un cadeau,
si je la repeignais en rose
pour faire un monde plus beau.

Mais je ne peux oublier ces choses,
ce serait gommer, pour tout recommencer,
si l’on ne se souvient des causes
comment éviter les erreurs déjà endurées?

Extraits d'Etc.

jeudi 24 novembre 2011

Thanks à Dios


J’ai une musique dans ma tête,
qui plaque des images toutes faites.
C’est du ready made,
a theater of light and shade...

Qui crient au loup la nuit
et à l’Homme aussi,
who laughs, who cries,
who lets me see the skies.

La sangre que grita,
et les mots qu’on ne dit pas...
Le silence qui se fait
when nobody knows what to say...

Ellas duelen el corazón
that is why there are songs,
y ellas hablan con tu alma
y despues puedes volver la cara alta.

Their scream at the silence
me fait écrire sans violence,
la paz y el sufrimiento
la guerra y el sentimiento

the wounding fears,
the uncrying tears,
el agua y el viento,
el amor, la fe y el mundo...

Merci pour l’espoir qui nous uni.
Merci pour la lumière et la vie.
Thanks for peace, for faith, for love,
for your tenderness from above.

Gracias para la libertad
que Tú da a la humanidad.
Merci pour tous ces moments,
dont on ressort plus grand...

Extrait d'Etc.

mercredi 23 novembre 2011

Été


La terre devient plus blanche,
écrasée par une lumière franche.
On croirait marcher sur le soleil,
juste au milieu du ciel.

Cette musique étrange,
comme la voix d’un ange.
Cette chaleur étouffante,
prendre la vie comme elle se présente.

Et si c’était là, l’absolu,
si c’était ça qui valait d’être vécu,
si le mal était enfin vaincu,
si l’on mettait notre âme à nu ?

Sans ce soucier de rien,
comme si tout allait bien.
Ouvrir une parenthèse de bonheur,
et si ça faisait fuir le malheur ?

Si on se donnait le droit d’espérer
du plus profond de soi, pour de vrai.
Est-ce que ça ne ferai pas disparaître les peurs
de leur présenter nos cœurs ?

En été, en été, en été
la paix comme à Noël, en été…
Si les anges décidaient de rester,
et si c’était l’éternité ?

extrait de Etc.

mardi 22 novembre 2011

les liens du Mardi

Cette semaine des liens 100% graphiques !

le mardi 15 novembre sur behance
Handmade Fonts, par Handmade Fonts





le mardi 15 novembre sur The Fox Is Black
IF GHOSTS EXIST, THEY LIVE IN THE PHOTOS OF DELANEY ALLEN






le vendredi 18 novembre sur behance
Place 02 par Craig Easton






That's all folks !

mardi 15 novembre 2011

Syrie


Quand s'arrêteront-ils ? Quand il n'y aura plus de combattants ?
à voir sur la ligue des droits de l'Homme

autour du Noir de Michel Pastoureau 02-02

partie 2, du Xe au XIIIe siècle.

les liens du Mardi

le jeudi 11 novembre sur jalexis
L'apocalypse, sauce lyonnaise.

le samedi 12 novembre sur Blog Archive
Le disque dur papier, une œuvre de David Guez.

le samedi 12 novembre sur behance
Distances de Maciej Leszczynski. Une série de photographies brumeuses.



That's all folks !

lundi 14 novembre 2011

mardi 8 novembre 2011

j'adooore


Imaginary Forces - Tetley from Imaginary Forces on Vimeo.

autour du Noir de Michel Pastoureau 01-08


les liens du Mardi

le samedi 05 novembre sur MacUpdate
Pivot. Un freeware (Mac) qui vous permet de créer des animations de "bonhommes-bâtons" avec plusieurs articulations, des comportements paramétrables par le poids et le centre de gravité, le tout exportable en gif.
à voir également Art Of Illusion.

le dimanche 06 novembre sur Jeunesse Banane
Les papertoys Vache Qui Rit par Olivia Chung. Photo de Martin Argyroglo.




le lundi 07 novembre sur How about orange
Be a type designer. Un jeu sur internet qui consiste à retrouver les bonnes courbes de béziers de différentes fonts.

le mardi 08 novembre sur Behance
La campagne canon pixma "Bring color to life" que je trouve magnifique...


Executive Creative Director: Andy Lockley
Art Director: Doug Lyon
Photographer: Linden Gledhill
Director: Chris Hewitt
Director of Photography: Jason Tozer

That'a folks !

lundi 7 novembre 2011

autour du Noir de Michel Pastoureau 01-07


Latin :
Ater (noir terne), Niger (noir brillant), Perniger (très noir), Subniger (noirâtre, violet), Nigritia (noirceur), denigrare (noircir, dénigrer).
Haut-allemand :
Swarz (noir terne), Blach (noir brillant).
Moyen-anglais :
Swart (noir terne), Blaek (noir brillant).
Ancien français :
Noir, Neir.

mercredi 2 novembre 2011

Alexis Jenni, l'Art français de la guerre

Bravo pour le Goncourt Monsieur ! Vous avouerez quand même, je vous parle de livre une fois par siècle, et il a le Goncourt... 'fin moi ce que j'en dis... ici toutes mes illustrations dans l'ordre avec les extraits.




COMMENTAIRES I
Le départ pour le Golfe des spahis de Valence

" La guerre du Golfe n'a pas eu lieu, écrivit-on pour dire l'absence de cette guerre dans nos esprits. Il eût mieux valu qu'elle n'ait pas lieu, pour tous ceux qui moururent dont on ne connaîtra jamais le nombre ni le nom. Lors de cette guerre on écrasa les Irakiens à coups de savate comme fourmis qui gênent, celles qui vous piquent dans le dos pendant la sieste. Les morts du côté occidental furent peu nombreux, et on les connaît tous, et on sait les circonstances de leur mort, la plupart sont des accidents ou des erreurs de tir. On ne saura jamais le nombre des morts irakiens, ni comment chacun mourut. Comment le saurait-on ? C'est un pays pauvre, ils ne disposent pas d'une mort par personne, ils furent tués en masse. (…) Ils sont morts en gros, on n'en retrouvera rien. Leur nom n'a pas été gardé. Dans cette guerre, il meurt comme il pleut, le "il" désignant l'état des choses, un processus de la Nature auquel on ne peut rien ; et il tue aussi, car aucun des acteurs de cette tuerie de masse ne vit qui il avait tué ni comment il le tuait. Les cadavres étaient loin, tout u bout de la trajectoire des missiles, tout en bas sous l'aile des avions qui déjà étaient partis. Ce fut une guerre propre qui ne laissa pas de tâches sur les mains des tueurs. Il n'y eut pas vraiment d'atrocités, juste le gros malheur de la guerre, perfectionné par la recherche et l'industrie."




" Paul Teitgen était secrétaire général de la police, à la préfecture du département d'Alger. Il fut l'adjoint civil du général des parachutistes. Il fut l'ombre muette, on lui demandait juste d'acquiescer. Même pas d'acquiescer : on lui demandait juste rien. Mais lui, demanda.
Il obtint, Paul Teitgen — et ceci lui vaudrait une statue —, que les parachutistes signent avec lui, pour chacun des hommes qu'ils arrêtaient, une assignation à résidence. Il dut en user, des stylos ! (…)
Il les signait, en gardait copie, chacune portait un nom. Un colonel venait lui faire ses comptes. Quand il avait détaillé les relâchés, les internés, les évadés, Paul Teitgen pointait la différence entre ces chiffres-là et la liste nominative qu'il consultait en même temps. "Et ceux-là ?" disait-il, et il pouvait donner un nombre, et des noms ; et le colonel qui n'aimait pas ça lui répondait chaque jour en haussant les épaules : "Et bien ceux-là, ils ont disparu, voilà tout." Et il levait la réunion.
Paul Teitgen dans l'ombre comptait les morts."




COMMENTAIRES III
Une prescription d'antalgiques à la pharmacie de nuit

" Mon grand-père parlait sous un couteau. Il s'asseyait sur son fauteuil de velours bleu, situé dans l'angle du salon. D'un côté de l'angle pendait au mur un couteau dans sa gaine. Il oscillait parfois aux courants d'air sans jamais faire de bruit. On l'avait décroché devant moi, et on en avait sorti la lame du fourreau de cuir usé. Sur la lame des incrustations rouges pouvaient être de la rouille ou du sang. On laissait le doute, on riait de moi. On évoqua un jour du sang de gazelle, et on rit d'avantage. Sur l'autre mur pendait un grand dessin encadré, qui montrait une ville que je n'ai jamais pu situer. Les maisons étaient courbes, les passants voilés, les rues encombrées d'auvents de toile : on confondait les formes. Ce dessin je m'en souviens comme d'une odeur, et je n'ai jamais su à quel continent on pouvait l'attribuer."




(…) Le récit racial n'est jamais loin du délire. Personne n'osait commenter, tous regardait ailleurs, moi je regardais d'en bas, silencieux comme toujours assis sur un tabouret à ma taille. Dans l'air confit du salon d'hiver il déroulait d'un ton gourmand son théâtre des races, et il nous fixait, tour à tour, voyant à travers nous, entre nous, l'affrontement sans fin de figures anciennes.
Je ne sais pas de quel peuple je descends. Mais peu importe, n'est-ce pas? Car il n'est pas de race. N'est-ce pas? Elles n'existent pas ces figures qui se battent. Notre vie est bien plus paisible. N'est-ce pas? Nous sommes bien tous les mêmes. N'est-ce pas? Ne vivons-nous pas ensemble? N'est-ce pas? Répondez-moi.




ROMAN III
L'arrivée à temps du convoi de zouaves portés

Salagnon épuisé se coucha dans l'herbe, au-dessus de lui flottaient de gros nuages bien dessinés. Ils se tenaient en l'air avec une majesté de montagne, avec le détachement de la neige posée sur un sommet. Comment autant d'eau peut donc rester dans l'air ? se demanda-t-il. Couché sur le dos, attentif au reflux qui parcourait ses membres, il n'avait pas de meilleure question à se poser. Il se rendait compte maintenant qu'il avait eu peur ; mais si peur que plus jamais il n'aurait peur. L'organe qui le lui permettait avait été brisé d'un coup, et emporté.




inhumains comme des volontés ; anguleux comme des raisonnements indiscutables.




COMMENTAIRES IV
Ici et là-bas

"Ils sont fascinants ces tableaux : leur laideur n'appartient à personne, ni à ceux qui les font, ni à ceux qui les regardent. Cela repose tout le monde. J'ai été bien trop présent toute ma vie, j'ai été trop là ; j'en suis fatigué.




ROMAN IV
Les premières fois, et ce qui s'ensuivit

Nous avons connu le pire, alors nous cherchons un monde meilleur. Nous ne reviendrons pas en arrière.




COMMENTAIRES VI
Je la voyais depuis toujours, mais jamais je n'aurais osé lui parler

"Et ensuite ?
— Rien. Les choses allèrent d'elles-mêmes leur cours sinistre. Je survécus à tout ; ce fut le principal événement digne d'être rapporté. Quelque chose me protégeait. On mourrait autour de moi, je survivais. Le petit bouddha qui ne me quittait pas devait absorber toute la chance disponible autour de moi et me la communiquer ; ceux qui s'approchaient de moi mouraient, et pas moi.
Regarde, me dit-il. Je l'ai encore."




Je ne connais rien aux enfants. J'avais passé des mois à peindre avec un homme qui me relatait de telles choses que je devais rentrer à pied pour sécher. Il aurait fallu que je me lave après l'avoir entendu, j'aurais préféré ne rien entendre. Mais ne rien entendre ne fait pas disparaître : ce qui est là agit dans le silence, comme une gravitation.




Voilà l'échec, voilà le malheur : être bloqué à ce moment-là du temps. Être effrayé de ce qui a été fait, avoir peur de ce qui se prépare, être agacé par ce qui s'agite, et rester là ; et penser que là est tout.




"Pourquoi tu es triste ?
— Je pense à la mort. À tous les morts laissés derrière nous."
Il me regardait, il hocha la tête, bouche ouverte, et les vapeurs de son souffle l'environnaient.
"Tu ne peux pas vivre si tu ne penses pas à la mort."
Et il repartit en courant, jouer, hurler avec les autres sur des balançoires à ressort, courir en rond tous ensemble sur les tapis en caoutchouc qui rendent toutes les chutes anodines.
Merde. Il ne doit pas avoir plus de quatre ans et il vient me dire ça. Je ne suis pas sûr qu'il l'ait voulu, je ne suis pas sûr qu'il comprenne ce qu'il dit, mais il l'a dit, il l'a prononcé devant moi. L'enfant ne parle peut-être pas, mais il dit ; la parole passe à travers l'enfant sans qu'il s'en aperçoive. Par les vertus de la langue, nous nous comprenons. Entrelacés.

extrait de L'Art français de la guerre, Alexis Jenni, Gallimard 2011.

Il y aurait beaucoup plus a citer encore, mais je ne vous en direz pas plus, je trouve ce livre bien trop profond et déjà si créateur d'image que toute illustration serait superflue.

autour du Noir de Michel Pastoureau 01-03


mardi 1 novembre 2011

Hier soir à Paris


à voir, l'article sur le blog de ONE



les liens du Mardi

le 29 octobre, vu sur Actualitté

L'acteur Steve Martin a annoncé sur Twitter que ses tweets seraient édités sous forme de livre. Avec une petite note d'humour, il a tweeté : « En raison de l'inexistante demande, je vais bientôt publier un livre de mes tweets ». (suite de l'article)


le 30 octobre, vu sur Behance


Illustration x Transparency par Man-Tsun.


le 30 octobre, vu sur Le Blog de patrickandrédepuis1966


Les collages d'Octobre.


That's all folks !