Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

mercredi 28 septembre 2011

L'Art français de la guerre #2




COMMENTAIRES I
Le départ pour le Golfe des spahis de Valence

" Paul Teitgen était secrétaire général de la police, à la préfecture du département d'Alger. Il fut l'adjoint civil du général des parachutistes. Il fut l'ombre muette, on lui demandait juste d'acquiescer. Même pas d'acquiescer : on lui demandait juste rien. Mais lui, demanda.
Il obtint, Paul Teitgen — et ceci lui vaudrait une statue —, que les parachutistes signent avec lui, pour chacun des hommes qu'ils arrêtaient, une assignation à résidence. Il dut en user, des stylos ! (…)
Il les signait, en gardait copie, chacune portait un nom. Un colonel venait lui faire ses comptes. Quand il avait détaillé les relâchés, les internés, les évadés, Paul Teitgen pointait la différence entre ces chiffres-là et la liste nominative qu'il consultait en même temps. "Et ceux-là ?" disait-il, et il pouvait donner un nombre, et des noms ; et le colonel qui n'aimait pas ça lui répondait chaque jour en haussant les épaules : "Et bien ceux-là, ils ont disparu, voilà tout." Et il levait la réunion.
Paul Teitgen dans l'ombre comptait les morts."

extrait de L'Art français de la guerre, Alexis Jenni, Gallimard 2011.

1 commentaire:

Caroline a dit…

C'est bien, ça fait des dessins très gais ce bouquin :D