Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

jeudi 28 avril 2011

G

Les goélands s'éloignent,
la glace,
le givre gèle les coeurs glabres
d'un globe gauche
gâché
sans gabarit et sans gains.

Gorbachev,
Gagarine,
Gershwin,
Garcia Lorca,
Gandhi,
autant de garde-fou,
de grand gribouilleur de genre humain,
de genèse généreuse et générative.

Ils sont des gestes,
des graphiques,
des guitares qui grattent là où ça fait graduellement grandir,
là où ça fait gravir des échelons de graviers,
des guides d'un temps gisant à nos genoux
dans un grésillement infernal ;
implorant l'ère des giga-bites
de ne plus se gargariser de guerres guignolesques
et de gérer les goitres gangréneux qu'ils n'ont pu gommer.

mercredi 27 avril 2011

F

Fichtre,
voilà ces fichiers de fadaises revenir.
Ils refont surface
on les avait pourtant fort bien faits fuir
en les foutant au fond des falaises.

Il eut fallu
peut être
les jeter dans des forêts en flammes,
ou les enfermer dans une fatalité
bien finie
comme les figurent
ces peintres flamands.

Nous avions cru en avoir fini
avec tous ces faux,
ces faux de faussaires...

Par nous je veux dire les fabriquants de fado,
les fils et filles du flamenco flamboyant,
les funambules du fantastique.
Tous ceux qu'il faudrait faire taire
avec fureur et frénésie
si l'on voulait fermer
tout ce qui fait office de fenêtre
sur le monde et la fantaisie :
Ces 2 farandoles de figurants faméliques
et fatigués de filer le fil du filet fantasmagorique des fantômes.

mardi 26 avril 2011

Absence Concrète 1 : Requiem de Dvorák




une réflexion sur le non-lieu. Ces voies ne sont plus exploitées et "n'existent plus" sur les cartes, pourtant elles sont là !

mardi 19 avril 2011

E

Et puisque tu bas des paupières nerveusement,
Et que tu dors moins bien qu'avant,
Tu dis que c'est le lot commun,
Tu dis que c'est pas la fin.
C'est juste un coup de grisou,
Un coup du destin,
Ou de la Sainte Trinité, qu'importe.
Et le monde qui te contemple n'est qu'un malentendu illimité,
Où les awacs surveillent tout les fols avoines d'avril
Qui pourraient faire renaître
L'espoir
Comme la mémoire à la Toussaint
Qui porte tout les palais vénitiens
Et les dieux incas,
Dans le grand règne de l'Azote.

dimanche 10 avril 2011

Je cherche un titre pour un projet de livre photo sur les "lignes déclassées". Elles ne servent plus à rien, elles disparaissent des cartes d'exploitation, elles ne voient plus de train passer, mais elles sont toujours là. Doucement, elles vont oublier qu'elles étaient des voies de communication, d'échanges, et elles vont devenir jardin. Un jardin et une plante, elles s'allient à la nature jusqu'à ne faire qu'un avec elle jusqu'à devenir une plante nouvelle de rouille, de bois et de gravier. Ces lignes n'ont, donc, plus d'existence nominative, elles ont une existence physique mais qui n'est plus recensée, elles sont tout à fait comme un corps inerte qui n'est plus une personne mais reste cependant une réalité tangible. Elles sont une réalité extérieure à la réalité normée, des sortes de non-objets avec lesquels nous n'osons pas réellement interagir, nous les constatons.

j'ai pour l'instant comme proposition :

coquille vide
indicateur des lignes de chemin de fer
non lieu___ 2
traces communicantes
indicatif linéaire___ 1
regarder au loin
état autre
être autre
absence concrète___ 2
chemin indicible___ 2
matériel innomé
voies égarées___ 5
voix perdues___ 1
acte de disparition___ 1
Sans temps de solitude

merci de donner votre avis, ou même de suggérer un titre !

vendredi 8 avril 2011

D

Dans l’ombre un daguerréotype
se distancie
de son diptyque.

Il a des doutes
sur ses devoirs de divinité.

Il dérive
avec la délicatesse d'une danseuse
le long des durées
et désastres.

Il se désespère,
se déprécie
et au fond: difficile différence,
il demande
à découvrir.

mardi 5 avril 2011

C

it's hard to get back, this days

il est encore
de ces larmes d'hier et du sang
d'encore avant ;
qui ne sait où sécher
qui ne sait comment cesser.

de ces flux sans fin
qui ne savent plus où se perdre,
qui ont oublié jusqu'à la souffrance,
qui ont oublier...

d'être vrai.

et pourtant au coeur des ruines
il reste encore la beauté,
séculaire et millénaire et ces valeurs :
ténues, abstraites, posées et calmes.
qui sont encore,
comme le reflet de nous même
un jour où nous nous savions encore.

et toutes ces phrases qui vous laissent un arrière goût d'éternité

avez vous vu l'espoir ?

par où est-il allé ?

vendredi 1 avril 2011

B

La baie
d'un monde boiteux et boueux
où s'est renversé il y a bien longtemps la barque des anges
qui voulaient braver l'interdit des barbares
et remettre à l'eau les baleines.

Et s'ébrèche le ballet de banalités,
les anges s'assoient en bandes sur un banc.
Bannis de leur banquise, ils ne blasphèment pourtant pas,
ils contemplent ce monde baroque
de bas-fond basaltique.
ils bavardent plus tard avec un bateleur
qui revient du pays des bouddhas assassinés
et raconte les bazookas, les bénéfices, les béliers,
les bombes, les bourreaux, le besoin, le béton,
n'omettant aucun bémol de sa bibliographie de braises.

Ils se tiennent désormais, comme Borges, où les chemins bifurquent :
Byzance ou le béryl.
Choisir c'est être brave, sans boussole et sans baromètre
c'est briser l'heure du binaire brutal en bégayant "bulle".

Le bonheur n'est peut-être qu'un fourmillement bactérien
une aspiration bête, improbable, sans base
que l'on trouve chez Beckett.