Gabian : Goéland Leucophé en provençal.

Ce blog est animé par Marie Bellando-Mitjans : conceptrice, créatrice, communicante, designer graphique, membre de ONE, slaviste, balkanophile, nerd... persuadée que la communication et la connaissance des cultures du monde conduisent tout naturellement à la paix et au développement.

dimanche 11 novembre 2007

L'Azerty 2.0 est arrivé!

Pour lancer un manifeste il faut vouloir changer le monde ou, du moins, se changer soi-même...
Ouvrir grand les ailes des coeurs pour conquérir le monde et répandre l'amour. Voilà l'ancienne nouveauté encore inconnue que je tends à explorer. Arranger la prose pour qu'elle se rapproche de la véracité et s'éloigne de la haine. Soutenir que la nouveauté ressemble à la vie comme la dernière apparition d'une cocotte prouve l'essentiel de Dieu ; que sans passé il n'y a pas de futur, sans mémoire pas de rêves.
J'écris un manifeste et cependant je ne veux rien de précis, je dis pourtant certaines choses et je suis par principe contre les manifestes, comme je suis aussi par principe contre les principes ( décilitres de la valeur morale, qui n'est bien souvent que "le passeport de la médisance" ). Je suis contre les systèmes, même le système anarchiste ! Le meilleur des systèmes est d'en avoir aucun, hormis le sien propre ! Même si, par acquis de culture, les systèmes sont inévitablement appelés à se rejoindre un jour ou l'autre.

Azerty, voilà un mot qui mène les idées à leur perte ; chaque spectateur cherche, invente des raisonnements complexes et futiles au lieu d'apprécier, de cesser de s'écouter penser, de chercher les causes ou les buts ( suivant la méthode psychanalytique qu'il pratique béatement persuadé d'atteindre ainsi le summum de l'évolution ).
Expliquer, chercher à comprendre mentalement et non sentimentalement : passe-temps des "rednecks", des moulins à paroles translucides, des raisonnements de crânes vides.
Azerty ne signifie RIEN, cesser de chercher !
La première pensée qui tourne dans ces têtes est de l'ordre bactériologique : trouver son origine étymologique, historique ou psychologique, chercher le pourquoi de ce nom ridicule, ce ne peut pas être une seule référence au clavier d'ordinateur francophone !
On ne construit pas sur un mot la sensibilité; toute construction converge à la perfection qui ennuie, qui anéantie la sensibilité, je ne veux pas construire un système unique : "une révolte absolue, une insoumission totale, un sabotage en règle". L'œuvre d'art ne doit pas être la beauté en elle-même, la beauté n'existe pas dans l'absolu. Peut-être même que rien n'existe dans l'absolu, il faudrait en débattre. Une œuvre d'art n'est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La masse en tant que telle ne veut rien dire, c'est par individualité que l'Homme est humain. C'est chacun qu'il faut considérer et comprendre, chacun et non pas tous. La critique est donc inutile, elle n'existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité, la critique n'est valable qu'en temps que sentiment produit par une oeuvre, une réflexion hautement personnelle. En conséquent je vous demande de cesser de rationaliser vos réflexions face à une oeuvre, laissez votre âme s'exprimer ! Croit-on avoir trouvé la base psychique commune à toute l'humanité ? Non, et il n'en sera jamais ainsi, tous les hommes naissent et demeurent libres, égaux et différents !
Comment veut-on ordonner le chaos qui constitue cette infinie et informe variation : l'homme ? Le principe « Connais-toi » est une utopie. Il faudrait, pour la réaliser, commencer à chercher, ce dont nous sommes bien loin, en nous bornant à l'analyse froide et scientifique des simples apparences ! Ainsi naquit Azerty, de même que DADA, d'un besoin d'indépendance, d'un besoin de fouiller les tréfonds de la sensibilité humaine, de se découvrir face à face autre et soi-même, d'une impérieuse méfiance envers la majorité ( "l'histoire a-t-elle noté un seul cas où la majorité aurait eu raison?" ). Ceux qui appartiennent à Azerty gardent leur liberté. J'en ai assez des théories : laboratoires d'idées formelles, pseudo-scientifiques et dogmatiques ( portes sans fenêtre ouvertes à la laideur, à la haine, à la guerre ).
L'Art est alors un enchaînement de contradictions saines d'esprit : "Contradiction is balanced", l'Art est alors par essence absolue en pureté de chaos cosmique et ordonné, éternel dans la nano seconde sans durée, sans respiration, sans lumière, sans contrôle où tout bascule ; il observe la réalité du monde dans lequel il se développe, il note, réfléchit, créé, se transforme, bouge, passe de l'un à l'autre. Il est une entité autonome, proclamant toujours plus fort la seule théorie recevable "TOUT EST RELATIF". L'Art est là pour réveiller les consciences, trop souvent ensevelies sous l'épaisse couche d'uniformisation moderne, sèche, et sans vie, et dans les faits, si peu rassurante.
Je détruis les cases obscures du cerveau : dire la vérité n'est pas démoraliser, c'est jeter un coup d'oeil par dessus son épaule, constater que le monde présent n'est qu'une pâle et primitive copie de ce qu'il devrait et pourrait être, et dire à tous d'en faire autant.
Si tous ont raison et si toutes les pilules sont Pink, essayons une bonne et salutaire fois pour toutes de ne pas avoir raison, avoir tort est autrement plus constructif et courageux, c'est s'opposer à la masse qui, elle, est censée avoir raison et montrer l'exemple, or : "Un exemple n'est pas forcément un exemple à suivre." et d'ailleurs, "La vérité n'est pas toujours conforme à l'opinion de la majorité." .
Il n'y a pas de dernière Vérité, ni d'ailleurs de Vérité tout court, la Vérité n'existe pas, il n'y a que des vérités, toutes plus subjectives les unes que les autres. Le rationalisme à toujours cru démontrer une vérité absolue et définitive, ce qui est synonyme de dogmatisme. La Vérité, si elle existe, se doit d'être le fruit de plusieurs points de vue, choisie comme synthèse hypothétique des millions qui existent.
Il y a un grand travail constructif de destruction préalable à accomplir. Balayer, nettoyer, pour tout recommencer à neuf, plus propre, plus universellement différent : "unis dans la diversité". C'est ceux à quoi s'engage ceux qui signeront ce manifeste, déconstruire pour reconstruire en ayant conscience et souvenir de nos fondations.
Tout produit de la réalité susceptible de devenir une négation de la réalité de masse, est Azerty ; protestations de toute mon âme en actions constructives et inspirées : Azerty ; abolition de la logique, de la rationalité plate, uniforme et sans goût : Azerty ; toutes les réalités physiques, psychiques, philosophiques, scientifiques, sociales, théologiques, culturelles, etc. : Azerty ; la rencontre harmonieuse et magnifique des lignes parallèles : Azerty ; sauvegarde de la mémoire historique : Azerty ; re-création du futur : Azerty ; respect des individualités dans leurs folies du moment : Azerty ; penser comme une cascade lumineuse et versifier sa parole à l'infini : Azerty ; sentir, ressentir, aimer, créer, écrire, crier, parler, chanter, danser, marcher, prier, écouter son âme : Azerty, Liberté : Azerty, LA VIE.

Citations, dans l'ordre : Napoléon Bonaparte "la morale est bien souvent le passeport de la médisance",
André Breton dans le premier manifeste du Surréalisme "une révolte absolue, une insoumission totale, un sabotage en règle", Robert Heinlein "l'histoire a-t-elle noté un seul cas où la majorité aurait eu raison?", U2 lors du ZooTV tour "contradiction is balanced", Albert Einstein "tout est relatif", Albert Camus dans le mythe de Sysiphe "Un exemple n'est pas forcément un exemple à suivre.", Jean-Paul II "La vérité n'est pas toujours conforme à l'opinion de la majorité.", la devise européenne "Unis dans la diversité"